Société

Corentin De Lécluse

1 janvier 2022

1 344 403 000 chrétiens catholiques à travers le monde. C’est le chiffre dévoilé jeudi 21 octobre par Fides, l’organisme d’information des Œuvres Pontificales Missionnaires, pour l’année 2019. Les dernières statistiques de l’Église catholique à échelle mondiale ont été dévoilé à l’occasion de la Journée mondiale des missions. Des chiffres impressionnants qu’il convient de remettre en perspective et qui donnent de nombreuses indications sur la métamorphose de l’Église ces dernières années.

 

17,74% de la population mondiale :

La proportion de catholiques dans le monde est en hausse. Plus de 15 400 000 nouveaux baptisés ont été recensés. 17,74% de l’humanité est catholique, c’est un millième de pourcent supplémentaire qu’en 2018. Plus rapide que la poussée démographique mondiale, le catholicisme est donc encore cette année en nette progression. Le nombre de prêtres (+271) s’accroît également. Une vision centrée sur l’Europe occulte donc la réalité globale des catholiques qui continuent d’évangéliser sur tous les continents. Les nombreuses missions initiées en Amazonie, en Afrique et en Extrême-Orient ne sont sûrement pas étrangères à une partie de cette hausse.

 

L’Europe, nouvelle terre de mission :

L’élan n’est aujourd’hui ralentit qu’en Europe qui voit son nombre de croyants baisser d’un peu moins de 300 000. Le Vieux Continent ne suit donc pas la tendance générale, perdant nombre de prêtres, de catéchistes et de religieux. La crise des vocations est d’autant plus criante que la baisse est en pourcentage beaucoup plus grande parmi les vocations que les croyants laïcs. Le continent n’est ni le plus catholique en nombre, ni en pourcentage de la population. Ce rapport déconstruit encore un peu plus la vision d’un monde catholique centré sur l’Occident. L’Amérique, surtout latine, représente à elle seule presque la moitié des catholiques dans le monde (647 205 000). Il paraît évident que l’Europe, après avoir été la terre de départ de nombreux missionnaires, redevient un espace prioritaire pour la mission. Seul continent moins catholique d’une année sur l’autre, il est indispensable en tant que catholique européen de faire un travail d’humilité pour accepter ce fait : l’Europe ne restera chrétienne que par l’intervention des autres continents.

 

Une Église qui se transforme pour la mission :

Un chiffre se détache des autres et montre la mutation de l’Eglise dans le domaine missionnaire. 410  440 missionnaires laïcs, c’est 8% de plus que 2018. Cette hausse impressionnante traduit deux tendances majeures encouragées par le pape François. Déjà, la place accordée à la mission ainsi que  le rôle prit par les laïcs dans celle-ci. Le nombre de religieux et de catéchistes est en baisse ? Cela n’a pas empêché cette poussée inouïe. Avec cette place, c’est le rapport entre clercs et laïcs qui évolue. Il y a seulement 4 000 prêtres de plus que de missionnaires laïcs en 2019, aujourd’hui ce sont les laïcs qui doivent être les plus nombreux en suivant les tendances observées. La lutte contre le cléricalisme passe dans l’Eglise par une revalorisation du rôle des laïcs dans les institutions ecclésiales et dans la transmission de la foi. Le cardinal Tagle, préfet de la Congrégation pour l’évangélisation des peuples le soulignait très justement en conférence de presse le jour de la publication du rapport. L’ancien archevêque de Manille, grande figure asiatique de la mission, a dit que : « La mission est située dans le cœur de chacun de nous, tous les baptisés, pas seulement un groupe. ».

 

Comment ce rapport interroge-t-il la mission en France ?

Les Œuvres Pontificales Missionnaires de France ont souligné « La bonne nouvelle de la croissance du Christ », il faut « se réjouir qu’un membre prospère ». La France est un pays à l’image de cette Europe déchristianisée. Le pays missionnaire est aujourd’hui missionné par des prêtres et religieux venus d’ailleurs pour combler le manque de vocations dans le pays. Face à cela, il reste le choix de laisser la foi se tiédir, ou de relancer dans son cœur l’élan missionnaire toujours vivace ailleurs. L’Hexagone ne peut plus vivre à crédit de son histoire et des traditions chrétiennes implantées depuis des siècles. Des coutumes qui sonnent désormais creux et dans lesquelles il est impossible de se réfugier sans voir la situation empirer. Le rapport de la Fides est un de ces électrochocs dont nous pouvons nous servir. Pour contrebalancer le dépérissement morose autour de nous comme pour trouver de nouvelles pistes pour parler de Jésus autour de nous. Le chantier est immense, nul n’a le pouvoir à lui seul de changer cet état de fait actuel. Mais l’Esprit Saint adore les petits commencements. Il suffit de se rappeler qu’il a bien fallu commencer de zéro du temps des apôtres. Si les missionnaires de l’époque ont su à travers les siècles évangéliser la France, que nous empêche-t-il d’en faire autant désormais ?

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