Tribune

Bertrand Duguet

8 août 2022

Initialement hésitante concernant la mission directe, elle était responsable du Congrès Mission de Strasbourg en 2021. Myriam nous raconte son parcours !

Soyons francs, en interrogeant Myriam, responsable du lancement du Congrès Mission de Strasbourg, on s’attendait à sentir un feu sacré. Et donc pas à ce qu’elle réfute d’emblée l’étiquette militante ! C’est pourtant son premier réflexe : « Je ne suis pas militante, je n’ai rien à défendre : arrêtons de vouloir être les avocats de Jésus ! C’est lui qui nous sauve, pas l’inverse ! » Le constat est clair : le feu est là. Reste à savoir comment Myriam l’entretient et le communique… sans militer.

Cette question, Myriam se la pose depuis longtemps, à travers un itinéraire spirituel marqué par l’enseignement de saint Ignace et les engagements au service de l’Église. Il y a onze ans, elle accepte un poste au service de son diocèse. Trois ans plus tard, une autre expérience vient attiser ce feu pour la transmission, celle de « l’évangélisation de rue ». De retour d’un festival Anuncio, deux jeunes de son diocèse sollicitent son aide pour lancer une expérience d’annonce de l’Évangile dans la rue. Elle qui se méfie par caractère et par choix des tendances prosélytes est touchée par l’humilité de ces jeunes missionnaires : « Ils ont contribué à convertir mon cœur et mon esprit. Je n’étais pas hos- tile, mais jusque là je me posais des questions sur l’intérêt d’une telle démarche. Vivre avec eux cette expérience simple et pleine d’humilité m’a touchée et convaincue, petit à petit. »

Elle comprend alors que la mission directe peut être moins un démarchage agressif sur le modèle commercial que l’ouverture d’un espace d’échanges sur des questions que tout le monde se pose mais que personne ne sait plus à qui poser. « Aujourd’hui, les gens n’ont plus de liens directs avec l’Église. Le ciment social chrétien s’émiette et beaucoup de gens pensent qu’ils n’ont même plus le droit de réfléchir à ces sujets, de se poser ces questions, d’entrer dans une église… La mission de rue c’est simplement la création d’une surface de contact supplémentaire entre le message du Christ et le monde, après celles, premières et indispensables, de la charité et de la fraternité. » Ayant compris cela, elle va faire pendant sept ans des missions sur le marché de Noël de Strasbourg.

Peu à peu, elle découvre cet exercice, ainsi que ses difficultés. Elle commence à connaître les principaux freins à ce type de mission : « Le premier, évidemment, c’est la question du respect de la sphère privée des personnes. On n’a pas envie de faire de l’embrigadement! C’est la première chose qui nous freine vis-à-vis de cette façon d’an- noncer l’Évangile. Mais ce n’est pas la seule: il y en a une seconde, qui est la tentation du découragement. Le malin s’y prend très bien pour nous pousser sur cette pente ! »

En découvrant le Congrès Mission, elle a le sentiment de découvrir un des nom- breux remèdes à ce second frein. «J’ai tout de suite été touchée par le côté arti- sanal du Congrès. Et par sa dimension évangélique: il est composé de gens qui ne pensent pas en termes de succès et de résultats… et qui portent pourtant du fruit en abondance! Pour moi, c’est d’abord un lieu d’encouragement. »

En décembre 2019, alors qu’elle participe à une mission au marché de Noël, elle reçoit une raison bien plus personnelle de se décourager: on lui diagnostique un cancer du sein. «J’ai dit au Seigneur: “Que ça serve”; et j’ai appris la docilité et l’offrande. Quand on offre, on ne vit pas les choses de la même manière. » Durant sa maladie, elle continue de prier « pour que Jésus soit connu ». Elle reçoit au cours d’une des missions le sacrement des malades. Le traitement s’achève un an plus tard. « Un mois jour pour jour après la fin des traitements, je reçois un autre coup de fil : on me propose de prendre en charge le Congrès Mission de Strasbourg. »

Elle accepte résolument. Depuis, avec une petite équipe de trois autres volontaires et de multiples bénévoles, Myriam cherche à organiser cet événement missionnaire. Elle demeure confiante, et sent déjà dans la préparation qu’elle est dans la main de Dieu. « On peut penser que c’est mon côté ignatien, s’amuse-t-elle, mais je le crois fermement: le Seigneur balise nos vies, bien mieux que nous. » L’opération est lancée, et elle attend avec impatience. Quoi donc ? « De voir Dieu à l’œuvre dans ce Congrès ! »

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