Sport

Fabiola Francfort

1 janvier 2022

L’Argentin Lionel Messi, le Polonais Robert Lewandowski et l’Italien Jorginho ont été désignés lundi soir 1er, 2e et 3e meilleur footballeur de l’année au classement du Ballon d’Or. Ces trois joueurs sont aussi catholiques engagés, et l’affichent naturellement. Qu’ils se signent après les buts (Messi), s’engagent à porter haut le nom de Jésus (Lewandowski), ou prient avant les matchs (Jorginho) : chacun a montré dans sa carrière une manière de ne pas avoir honte de la foi et de la vivre. Tous les trois ont de plus chacun de leur côté rencontré plusieurs fois le Pape, par ailleurs féru de ballon rond.

 

Messi, le Christ dans la peau

Celui qui est considéré comme le meilleur joueur du monde affiche depuis quelques années un grand tatouage du visage de Jésus Christ couronné d’épines, sur son épaule droite (il a fait découvrir ce tatouage lors de sa victoire en Ligue des champions en 2015), ainsi qu’un vitrail de la Sagrada Familia. Ironique pour celui qui est surnommé le Dieu du football, à son corps défendant. Quand on lui demande s’il est superstitieux, il répond non : « Je n’ai pas de talisman ou de rituel de chance. Tout cela, je n’en ai pas besoin. Je suis très croyant, cela suffit. » En plus de son talent, peut-être. Après ses buts, Messi continue à tracer sur lui le signe de la croix, sa célébration personnelle la plus typique de lui, et désigne et regarde le Ciel.

Celui qui a tant perdu de finales avec son pays a enfin gagné cet été la Copa América, dans une ambiance de groupe si chaleureuse qu’un de ses coéquipiers – Nicolas Otamendi- lui a offert devant tout le monde un baril d’eau de Lourdes pendant le tournoi. « Je remercie Dieu de m’avoir donné ce moment au Brésil, gagnant face au Brésil. J’ai senti comme si Dieu avait réservé pour moi ce moment ». Il faut comprendre qu’il a pu savourer une joie inattendue tardive après beaucoup de déconvenues en sélection. « Merci mon Dieu de continuer à m’offrir ces moments » écrit-il après sa victoire, reconnaissant.

La piété des joueurs argentins, pays un peu moins expansif sur la foi que ses voisins d’Amérique Latine, et celle de leur capitaine Leo Messi, n’est pas perçue comme une chose anodine par la population.

 

Lewandowski « Je n’ai pas honte de Jésus ni de ma foi »

Robert Lewandowski a participé en 2013, avec des coéquipiers de l’Equipe nationale de Pologne, à une campagne appelant à assumer son appartenance chrétienne. A cette occasion, montrant un porte-clef où était gravé « Je n’ai pas honte de Jésus », il explique face caméra : « J’ai pris ce porte-clef parce que je suis catholique et que je n’ai pas honte de Jésus ni de ma foi. Parce que je sais que Dieu veille tout le temps sur moi. En ce qui concerne la foi, on sait que dans la vie, mais aussi dans le monde d’aujourd’hui, tout va très vite, et qu’on oublie souvent nos valeurs, et ce qui est vraiment pour nous le plus important. C’est aussi pour cela que la foi m’aide non seulement sur le terrain, mais également en dehors. Pour être tout simplement un homme bon et faire le moins d’erreurs possible. » Celui qu’on trouve à l’Eglise avant les matchs importants est aussi un catholique fervent.

 

Les prières intérieures de Jorginho

Dans le programme de match du club de Chelsea qui l’interroge : « Je ne dirais pas que j’ai des superstitions, plutôt des rituels. J’aime prier avant le match pour rendre grâce d’être dans ce moment et de demander seulement qu’aucun mal n’arrive à personne durant le match, et que ce soit un grand spectacle et un grand match ». On l’a vu cette année, les mains jointes, avec le Français Giroud faisant la même chose à sa droite, prier discrètement sur la pelouse sous les couleurs de Chelsea avant d’affronter Wolverhampton à huis-clos. On imagine son attitude de prière intérieure, qu’il a décrite après coup, après avoir raté son tir au but en finale de l’Euro, pour son coéquipier le gardien Donnarumma, dont l’arrêt donne finalement la victoire aux Italiens face aux Anglais.

 

Elégance et humilité

Leur foi a-t-elle façonné leur personnalité et poli leur attitude ? En effet, leur attention à l’autre et la simplicité de leur réaction face au trophée fut frappante. D’abord Messi a loué son dauphin : « Je veux dire à Robert [Lewandowski], c’est un honneur de me battre à tes côtés. Tu méritais ton Ballon d’or l’année dernière. Tu étais le vainqueur. Tout le monde était d’accord là-dessus. Tu aurais dû l’avoir. J’espère qu’on va te le donner et que tu pourras l’emporter à la maison. » (ndlr : l’attribution du Ballon d’Or 2020 a été annulée pour cause de Covid.)

De même, Lewandowski, sachant depuis plusieurs jours qu’il n’était pas désigné Ballon d’Or, s’est quand même déplacé pour la cérémonie, et a félicité, en beau joueur et meilleur attaquant de l’année qui aurait pu prétendre encore cette année au titre suprême, Lionel Messi d’avoir remporté le Ballon d’Or.

Dans les critères du Ballon d’Or, outre les performances et le palmarès de l’année, comptent aussi la « classe » du joueur (talent et fair-play) et sa carrière. 

Cette attitude pleine de respect n’est pas automatique parmi les footballeurs. On se souvient de l’amertume revendicative de Ribéry près sa défaite au Ballon d’Or 2013.

 

Les plus grands footballeurs mondiaux et la Foi

88% des joueurs sur le podium des trophées du Ballon d’Or depuis 2007 (date de l’instauration du Ballon d’Or au format mondial) sont catholiques, soit 37 sur 42 lauréats. En comptant les autres confessions chrétiennes, ils sont… 98%. Du Croate Luka Modric au gardien allemand catholique pratiquant Manuel Neuer en passant par l’Espagnol Andrés Iniesta qui a accueilli tout jeune le pape Jean-Paul II au nom de son académie de football, nombreuses sont les nationalités et les histoires peu soupçonnées, mais la Foi est une. Universels, ils n’en tirent pas une gloire communautaire, ce qui les rend tout à tous. Ça n’empêche pas d’enfin s’apercevoir que leur Bon Dieu n’a pas privé de talents ses brebis.

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