Lorsque j’ai fondé l’association Fide en 2020, je n’imaginais pas à quel point cette aventure transformerait ma vie. Issu des quartiers populaires de la banlieue parisienne, j’ai grandi dans un environnement où la foi catholique était souvent reléguée au troisième plan, derrière l’islam et le christianisme évangélique, car nous sommes moins visibles et plus discrets. Pourtant, dans ces « quartiers difficiles », selon la terminologie des médias, l’amour de Dieu veut se déverser.
En relisant mon parcours missionnaire, je constate qu’il a commencé bien avant Fide. J’ai été éduqué dans la foi catholique, j’ai reçu mes sacrements, mais adolescent je les percevais comme une formalité administrative, un genre de diplôme à obtenir. Après la confirmation, j’ai vu beaucoup de mes amis quitter l’Église au profit de l’islam ou des Églises évangéliques. C’est le FRAT de Lourdes, en 2014, qui a été pour moi le premier élément déclencheur. À ce moment-là, je passe d’une foi culturelle à un réel cœur à cœur avec Dieu. Dès cette année 2014, je choisis de partager ma foi catholique sur les réseaux sociaux.
Plus tard, durant le confinement, nous avons créé avec une poignée d’amis l’association Fide pour rassembler des jeunes catholiques désireux de vivre et de partager leur foi. Aujourd’hui, nous comptons plus de deux cents membres, principalement de la banlieue parisienne. Nos missions sont variées : temps de louange, partages bibliques, maraudes, visites en EHPAD et dans les prisons. Nous assistons à de nombreux témoignages : dernièrement, un garçon a raconté comment la foi l’avait aidé à surmonter une addiction ; une jeune fille, comment Dieu l’a guérie à la suite d’une maladie.
J’ai toujours eu à cœur de vouloir fédérer des personnes de milieux socioculturels différents, de permettre la rencontre entre celles et ceux qui ne se côtoient pas dans leur quotidien. Faire tomber les murs et construire des ponts. Lorsque l’on m’a confié en 2022 la communication des Holy Games, le projet sportif de l’Église pour les JO de 2024, j’y ai vu un prolongement de cette intuition : cette fonction m’a permis d’œuvrer à plus grande échelle et de casser des codes dépassés dans l’Église. Car les défis ne manquent pas pour ceux qui souhaitent construire l’unité dans une société marquée par les questions culturelles et identitaires. Il y a un réel enjeu d’Église à créer cette unité dans la diversité. La France est belle : œuvrons ensemble avec le Christ pour montrer toute sa beauté !
Si vous tenez entre les mains cette revue Mission, c’est sans doute que vous avez mis le pied à l’Accor Arena de Paris en novembre 2025. Mais ce n’était pas pour applaudir Lady Gaga ou frissonner devant un fight de MMA.
Autre solution : un de vos amis vous a offert cet ovni médiatique pour vous inciter à regarder en direction du Ciel. Car le Royaume de Dieu est proche. Jésus n’a-t-il pas demandé à ses disciples de l’annoncer à temps et à contretemps dans toutes les nations ? Y compris la nôtre. Tous les papes, jusqu’à Léon XIV, ont relayé ce puissant message.
À Bercy, une fois n’est pas coutume, les dieux du stade ont cédé la place à Dieu. « Congrès Mission » oblige. Ce rassemblement destiné à mettre en réseau les missionnaires de France et de Navarre a fêté sa dixième édition dans un lieu XXL. Destin étonnant pour cette modeste initiative, née sur la butte Montmartre, avec une poignée de joyeux allumés carburant au Saint-Esprit et désireux de répandre cette énergie renouvelable.
À force d’entendre que le catholicisme est en régression dans notre pays, on en viendrait à douter qu’il ait encore la capacité de rassembler et d’attirer. Le doute est levé. Il est des occasions où nos églises sont devenues trop petites pour nous accueillir.
Le but n’était évidemment pas de montrer nos muscles ni de nous rassurer. Juste de nous souvenir que la grâce de Dieu est toujours à l’œuvre, comme au temps du super apôtre saint Martin que nous fêtons le 11 novembre. Un moine ardent qui plantait l’Évangile chez les Gallo-Romains comme d’autres plantent des choux en chantant.
Le catholicisme était alors naissant, minoritaire et fragile. Tout comme en 2025, où les catéchumènes frappent de nouveau aux portes de nos paroisses.
La revue Mission a fait peau neuve pour son quinzième numéro. Au-delà de l’événement Congrès Mission, elle entend être un lien durable entre tous ceux qui se dépensent, d’une manière ou d’une autre, pour faire connaître le Christ à nos contemporains. Elle veut suivre les conseils de saint Paul aux Corinthiens : « Rappelez-vous le proverbe : “À semer trop peu, on récolte trop peu ; à semer largement, on récolte largement” » (2 Co 9, 6). Alors ne soyons pas avares : semons l’Évangile partout, y compris dans la rocaille et les ronces de l’Hexagone.
C’est le miracle que nos journalistes constatent sur le terrain. La minorité catholique est en pleine effervescence. Notre dossier principal jette un regard admiratif et prospectif sur ces nouveaux visages de la mission qui se manifestent aux quatre coins de l’horizon. Saint Paul nous exhorte à ne pas rater le coche et il a bien raison : « Ne prenez pas pour modèle le monde présent, mais transformez-vous en renouvelant votre façon de penser » (Rm 12, 2). Pensez Mission.
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Mission est aussi une promesse, celle de tisser un grand réseau missionnaire en France et d’installer l’évangélisation dans le quotidien des communautés chrétiennes. La promesse de montrer la beauté de la mission et sa diversité créative.
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