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Petrus

30 décembre 2021

Invaincu au bout de 32 combats, le « Gispy King » est désormais au panthéon des dieux de la boxe. Champion du monde des poids lourds dans les quatre organisations principales (WBO, WBA, WBC, IBF), il s’est à nouveau illustré face à Deontay Wilder, son grand rival, le 9 octobre dernier. Il a su remporter la victoire au terme d’un combat dantesque, comptabilisant 5 KO dont 3 pour Fury ! Mais si l’homme est un pugiliste hors-pair, il est également un chrétien convaincu qui ne cache pas sa foi.

 

Les débuts du « Gipsy King »

Issu de la communauté des travellers irlandais, Tyson Fury grandit dans l’ombre de son père, ancien boxeur professionnel. Ce dernier choisit son prénom en référence à Mike Tyson, ancien champion du monde aux crochets dévastateurs. Placé sur les rails très jeune, on peut dire qu’il était destiné à ce sport ! Issu d’une famille croyante, il est sensibilisé à la foi par son oncle pentecôtiste. Obélix du sport comme de la foi, il tombe dans la potion magique dès son plus jeune âge.

Il commence la boxe à 10 ans et termine son parcours en boxe amateur avec 32 victoires dont 27 par ko et quatre défaites seulement. Il rentre en boxe professionnelle à 20 ans et après 7 années et 24 combats, il est toujours invaincu. Enchainant les titres (champion du Commonwealth et de Grande Bretagne entre autres) et les K-O (18 en 24 combats), il se retrouve face à Vladimir Klitschko en 2015 pour trois titres de champion du monde (WBO, WBA, IBF). A la surprise générale, il ravit le titre de l’ukrainien qui détenait la ceinture depuis 10 ans.

Mais sa victoire de 2015 n’apporte pas seulement le succès mais aussi l’absence de but. Quel objectif se donner après une telle réussite ? Après une traversée du désert de 2016 à 2018 où il est en proie aux addictions à la drogue et à l’alcool, il reprend espoir après 20 minutes en prière. Il remonte la pente pendant deux ans pour devenir… champion du monde WBC, seul titre qui manquait encore à son palmarès.

Le personnage est haut en couleurs, volontiers provocateur, adepte aguerri du « trash-talk ». Cette tradition du sport anglo-saxon et de la boxe en particulier, consiste à provoquer son adversaire et à mettre en scène une rivalité entre les combattants. Connu pour ses sorties cinglantes, parfois vulgaires, il ne s’empêche pas de dire à un Wilder qu’il va « lui rouler dessus comme s’il prenait « un camion de 36 tonnes dans le buffet » ou à un Joshua qu’il n’a « pas de cerveau » et qu’il va « le finir rapidement ».

Mais le « King » revenu sur son trône en 2020, n’oublie pas de rappeler son allégeance première. « Merci à mon Seigneur et Sauveur Jésus-Christ. Je dis que ceux qui font du mal ne prospéreront pas. Ceux qui se tiennent dans l’obscurité ne peuvent jamais entrer dans la lumière. Loué soit le seul et unique vrai Dieu, Jésus-Christ. » proclame-t-il, encore ruisselant de sueur à la fin du combat. C’est d’ailleurs à la suite de cette confrontation qu’il décide de s’engager en faveur de personnes souffrant des troubles qu’il a enduré, la dépression en particulier. Il s’engage également auprès des sans-abris et des démunis.

Lors du fameux face-à-face avant le combat, là où Wilder disait croire en l’esprit de ses ancêtres, Fury répondait du tac-au-tac : « Alors tu as déjà perdu, car moi quand je suis sur le ring, il n’y a pas d’esprits, pas d’ancêtres […] je n’attends rien qui vienne en moi pendant le combat sinon la puissance de Dieu au-dessus de moi. »

Alors prophétique le champion ? Peut-être ; toujours est-il qu’il ne s’avoue jamais vaincu ! C’est au terme de la revanche, le 9 octobre dernier, qu’il arbore une casquette affublée d’un « Jesus » en lettres multicolores. Résumant le combat en ces mots : « je ne me suis jamais dit que c’était la fin. Je me suis dit « Ok, un bon coup d’encaissé, mais je vais revenir à toi dans une minute et je l’ai fait. »

Un champion, qui, visiblement, n’a pas fini d’y croire…

Un portrait par Pierre Erceau

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