Écologie

Ludivine Chevalier

12 novembre 2021

Quelques jours avant le début de la COP26 le pape François à l’antenne de la BBC demandait « des réponses efficaces à la crise écologique ». Le sommet international a t-il apporté une réponse à cette exigence ?

 

Des exigences du Pape aux larmes d’Alok Sharma

« Les Sommets mondiaux de ces dernières années sur l’environnement n’ont pas répondu aux attentes parce que, par manque de décisions politiques, ils ne sont pas parvenus à des accords généraux, vraiment significatifs et efficaces, sur l’environnement » (Laudato Si, paragraphe 166). On s’en souvient, le constat du Saint-Siège quand aux grands meetings internationaux était sans appel. Et le message n’a pas changé : peu de temps avant la 26ème COP qui s’est déroulée en novembre à Glasgow, le Pape François à l’antenne de la BBC demandait encore « des réponses efficaces à la crise écologique ».

A cette demande d’efficacité, a semblé faire échos l’étrange attitude du président britannique de la COP26, Alok Sharma. C’est la voix tremblante que celui-ci a en effet annoncé les changements de dernières minutes introduits par la Chine et l’Inde sur la question des énergies fossiles, affirmant aux bords des larmes être « profondément désolé ».

Tout dans cette COP n’est pourtant pas un échec : une coalition de plus de quarante États a notamment annoncé vouloir sortir du charbon avant la fin des années 2040. Parmi les signataires de cet accord, certains des plus gros consommateurs mondiaux : le Canada, l’Ukraine, le Chili, le Vietnam ou la Pologne. Mais il semble clair que le temps de la bonne conscience des grands rassemblements internationaux et des félicitations complaisantes est révolu. Et que le constat du Pape est plus que jamais d’actualité.

 

A quand des dirigeants à l’école de Saint François ?

Comme le rappel le Pape, saint François d’Assise au XIIème siècle contemplait déjà la beauté de la Création. A travers ses poèmes, comme le cantiques des créatures, il louait la grandeur du Créateur : qui peut être capable de créer une nature si parfaite et si belle si ce n’est Dieu ? A son tour, le pape François nous donne cette prière : « apprends-nous à te contempler / dans la beauté de l’univers, / où tout nous parle de toi. » Car le respect de la Création est aussi un enjeu spirituel.

C’est peut-être ce qui manque encore aux dirigeants qui se sont rassemblés à l’occasion de cette COP26 : comprendre que l’enjeu n’est pas seulement de lutter pour quelques degrés ou en moins dans un univers crée par le hasard de la matière. Mais que lutter « pour la sauvegarde de la maison commune », selon le sous-titre de l’encyclique, est un devoir de fraternité aussi bien que de piété. Alok Sharma n’a peut-être pas tord de pleurer.

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